Mois: octobre 2015

Précisions de vocabulaire

Le « Théâtre » désignait d’abord le lieu où se donnaient les spectacles publics. Littéralement : là où l’on regarde.

Il est plus juste de parler du genre littéraire dramatique. Mot qui vient du grec « drama » qui signifie l’action : ce que voit le spectateur, c’est en effet de l’action produite par des acteurs.

L’auteur de théâtre est appelé le dramaturge (la racine « urge » vient en grec de « ergon », le travail, la production).

Tragédie, comédie, drame

La tragédie (littéralement « chant du bouc ») est une pièce dont le spectateur sait, dès le départ, qu’elle finira  terriblement mal, par une catastrophe. Selon Aristote, elle doit produire chez le spectateur deux émotions : la pitié et la terreur : pitié pour le héros tragique auquel il s’est identifié et terreur devant l’ampleur de la catastrophe qui le frappe. Les trois grands tragédiens antiques : Eschyle, Sophocle, Euripide. En France Racine (17ème) est le principal auteur moderne de tragédie. Shakespeare, en Angletterre, en a produit de nombreuses.

La comédie (littéralement « chant de célébration, de procession ») est une pièce dont le spectateur sait, dès le départ, qu’elle finira bien. Elle doit produire chez lui la joie. Aristophone est le plus connu des auteurs de comédie dans l’antiquité grecque. En France, tout le monde connaît Molière. Shakespeare a produit également des comédies.

Le drame est plus récent : c’est une pièce à rebondissement dont le spectateur ne sait si elle finira bien ou mal. Elle doit avoir un effet pathétique (de « pathos », la souffrance).

Ces catégories fonctionnent également pour le cinéma.

Oui, seigneur, j’ai toujours adoré Bérénice (Jean Racine : Bérénice)

Travail 1 : Analyse d’une mise en scène et propositions

Travail 2 : interprétation de cette réplique d’Antiochius (modifiée en »Oui, seigneur, j’ai toujours adoré Hippolyte » pour les filles)

Le texte complet

Un résumé (wikipedia)

« La tragédie naît de l’affrontement de deux impératifs inconciliables. Titus ne peut mettre en danger sa mission à la tête de Rome au nom de la passion qui l’unit à Bérénice. La pièce aurait pu procéder par revirements et coups de théâtre pour unir puis éloigner successivement les deux personnages. Racine choisit au contraire de supprimer tous les événements qui pourraient faire de l’ombre à l’unique action du drame : l’annonce, par Titus, du choix qu’il a fait de quitter Bérénice. Titus, à l’acte II, scène 29, après que Paulin lui a annoncé que Rome refuse qu’il épouse une reine comme Bérénice, a pris la décision de la renvoyer. Il lui reste dès lors à l’annoncer à Bérénice et celle-ci doit l’accepter. Leur passion n’est jamais remise en cause, à aucun moment la vie d’un personnage n’est en danger : rien ne vient distraire l’attention. L’habileté artistique de Racine consiste à « faire quelque chose à partir de rien » (préface de Bérénice), à créer chez le spectateur « cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie » à partir d’un sujet que l’on peut raconter en une phrase (4 vers). La tension atteint son paroxysme à la fin du 4e acte, lorsque Titus explique le drame qui le sépare de Bérénice, qui refuse la décision qu’il a prise. Puis le 5e acte montre admirablement les deux personnages faire face à leur devoir : contrairement à d’autres personnages de Racine, ils acceptent leur séparation sans se réfugier dans la mort. »

Des mises en scènes 

http://www.ina.fr/art-et-culture/arts-du-spectacle/video/I10089408/berenice-de-racine-mise-en-scene-par-klaus-michael-gruber-a-la-comedie-francaise.fr.html

Rideau ou sans rideau : les lieux du théâtre

Traditionnellement des rideaux séparent trois lieux essentiels du bâtiment « Théâtre » : la scène est ainsi séparée et des coulisses et de la salle. En principe l’acteur ne va pas dans la salle et le spectateur ne monte pas sur scène ni n’accèdent aux coulisses. La fonction du rideau est donc double : donner à voir quand il est ouvert sur la scène, cacher les coulisses.

Les coulisses de théâtres par le photographe Ralph Schulz

S’ajoutent encore différents « lieux » : le hall d’entrée (souvent avec un vestiaire, des toilettes, un espace billetterie, une cafetaria). Sans oublier au rez ou à l’étage, des ailes administratives et derrière les coulisses les loges où se préparent les acteurs.

 

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Une page plus complètes de vocabulaire technique…
Glossaire complet
Glossaire complet téléchargeable (pdf)

Mais tout peut être un lieu de théâtre, même la rue, la cour de récréation… avec ou sans tréteaux :

Les métiers du théâtre

Shakespeare


Sur scène nous voyons les comédiens (ou acteurs) et entendons un texte dont nous savons qu’il a un auteur (ou dramaturge). Mais il est bien d’autres « métiers » nécessaires pour aboutir à un spectacle théâtral :

  • le metteur en scène est l’organisateur et le responsable de la mise en scène d’une oeuvre dramatique ou lyrique, c’est-à-dire de tous les éléments qui composent le spectacle : jeu des acteurs, rythmes, espaces, décors, lumières…
  • Le scénographeLa scénographie (du grec σκηνη (skene) scène et γραφειν (graphein) écrire) désigne aujourd’hui l’art de l’organisation de l’espace scénique, grâce à la coordination des moyens techniques et artistiques. Ce sont des designers (ou des artistes sous contraintes) qui, en collaboration avec un metteur en scène et le plus souvent avec également les créateurs lumière et son, conçoivent l’espace scénique dans lequel se déroulera un spectacle vivant. Ils définissent ainsi le rapport « scène/salle », puis l’espace où évolueront les acteurs. Cette spécificité le distingue du décorateur dont le rôle était davantage de créer l’illusion ou de leurrer le spectateur.
  • Le régisseur La régie est l’endroit d’où le régisseur dirige (« régit ») le spectacle en communiquant, souvent, par casque d’écoute (« intercom ») avec les manipulateurs d’éclairage, de son et les différents machinistes. Elle est le plus souvent située en fond de salle, au-dessus des spectateurs, face à la scène. La régie peut aussi être éclatée en plusieurs locaux selon les techniques gérées ; on parlera alors de régie-lumière, de régie-son, etc. Au théâtre, le régisseur remplit la fonction délicate de préparation, de coordination, d’exécution d’une partie spécifique ou de la totalité de la mise en oeuvre matérielle d’une représentation. Le régisseur général, qui coordonne l’ensemble des régies spécifiques, est le collaborateur immédiat du directeur technique. Il est aussi l’interface entre l’équipe de création (metteur en scène, décorateur…), tous les techniciens intervenant sur une production et l’administration (budget, embauche d’intermittents…). Le régisseur de plateau organise avec le chef machiniste le travail des machinistes et veille à la préparation du plateau, au montage et au démontage du décor.  Les régisseurs lumière et son font de même en ces domaines.
  • Mais encore : le décorateur, l’éclairagiste, le costumier, le maquilleur, l’habilleuse, le coiffeur, l’ingénieur/opérateur du son, l’accessoiriste, l’agent, le placier, etc.