Exercices

Examen de Juin 2016

  1. Imagine, décris  et explique une performance à partir des éléments suivants : une salle totalement blanche, des bancs blancs, une cinquantaine de spectateurs placés où tu décides.
  2. Analyse la performance « Waiting » de Faith Wilding : à partir de la théorie sur la performance, réfléchis sur ce que veut communiquer, sur ce que cette performance peut exprimer. Base-toi sur tous les aspects audio-visuels qu’elle comporte. http://www.lepeuplequimanque.org/dvd/womanhouse « Womanhouse est un documentaire historique sur l’un des événements culturels féministes les plus importants des années 1970 aux Etats-Unis. « En 1972, fût créée une exposition dont on a beaucoup parlé : Womanhouse. Sous la direction de Miriam Shapiro et de Judy Chicago qui devinrent des figures majeures de l’art féministe dans les années 1970 et 1980 (…), vingt-quatre femmes (dont Faith Wilding et Sandy Orgel) aménagèrent une maison à Los Angeles. L’espace domestique devenant espace d’exposition, la distinction entre public et privé disparaissait et les conventions régissant la représentation volaient en éclats. » Peggy Phelan, Art et Féminisme, éd. Phaidon, 2005. »A propos de Faith Wilding et de « Waiting » :

    http://www.reactfeminism.org/nr1/artists/wilding_en.html

    Son site :

    http://faithwilding.refugia.net/

 

 

Waiting

A Poem by Faith Wilding

 

Waiting . . .             waiting . . .            waiting . . .

Waiting for someone to come in

Waiting for someone to hold me

Waiting for someone to feed me

Waiting for someone to change my diaper            Waiting . . .

 

Waiting to scrawl, to walk, waiting to talk

Waiting to be cuddled

Waiting for someone to take me outside

Waiting for someone to play with me

Waiting for someone to take me outside

Waiting for someone to read to me, dress me, tie my shoes

Waiting for Mommy to brush my hair

Waiting for her to curl my hair

Waiting to wear my frilly dress

Waiting to be a pretty girl

Waiting to grow up                     Waiting . . .

 

Waiting for my breasts to develop

Waiting to wear a bra

Waiting to menstruate

Waiting to read forbidden books

Waiting to stop being clumsy

Waiting to have a good figure

Waiting for my first date

Waiting to have a boyfriend

Waiting to go to a party, to be asked to dance, to dance close

Waiting to be beautiful

Waiting for the secret

Waiting for life to begin               Waiting . . .

 

Waiting to be somebody

Waiting to wear makeup

Waiting for my pimples to go away

Waiting to wear lipstick, to wear high heels and stockings

Waiting to get dressed up, to shave my legs

Waiting to be pretty             Waiting . . .

 

Waiting for him to notice me, to call me

Waiting for him to ask me out

Waiting for him to pay attention to me

Waiting for him to fall in love with me

Waiting for him to kiss me, touch me, touch my breasts

Waiting for him to pass my house

Waiting for him to tell me I’m beautiful

Waiting for him to ask me to go steady

Waiting to neck, to make out, waiting to go all the way

Waiting to smoke, to drink, to stay out late

Waiting to be a woman                    Waiting . . .

Waiting for my great love

Waiting for the perfect man

Waiting for Mr. Right                   Waiting . . .

 

Waiting to get married

Waiting for my wedding day

Waiting for my wedding night

Waiting for sex

Waiting for him to make the first move

Waiting for him to excite me

Waiting for him to give me pleasure

Waiting for him to give me an orgasm                       Waiting . . .

Waiting for him to come home, to fill my time                     Waiting . . .

Waiting for my baby to come

Waiting for my belly to swell

Waiting for my breasts to fill with milk

Waiting to feel my baby move

Waiting for my legs to stop swelling

Waiting for the first contractions

Waiting for the contractions to end

Waiting for the head to emerge

Waiting for the first scream, the afterbirth

Waiting to hold my baby

Waiting for my baby to suck my milk

Waiting for my baby to stop crying

Waiting for my baby to sleep through the night

Waiting for my breasts to dry up

Waiting to get my figure back, for the stretch marks to go away

Waiting for some time to myself

Waiting to be beautiful again

Waiting for my child to go to school

Waiting for life to begin again              Waiting . . .

 

Waiting for my children to come home from school

Waiting for them to grow up, to leave home

Waiting to be myself

Waiting for excitement

Waiting for him to tell me something interesting, to ask me how I feel

Waiting for him to stop being crabby, reach for my hand, kiss me good morning

Waiting for fulfillment

Waiting for the children to marry

Waiting for something to happen                       Waiting . . .

Waiting to lose weight

Waiting for the first gray hair

Waiting for menopause

Waiting to grow wise

Waiting . . .

Waiting for my body to break down, to get ugly

Waiting for my flesh to sag

Waiting for my breasts to shrivel up

Waiting for a visit from my children, for letters

Waiting for my friends to die

Waiting for my husband to die              Waiting . . .

Waiting to get sick

Waiting for things to get better

Waiting for winter to end

Waiting for the mirror to tell me that I’m old

Waiting for a good bowel movement

Waiting for the pain to go away

Waiting for the struggle to end

Waiting for release

Waiting for morning

Waiting for the end of the day

Waiting for sleep               Waiting . . .

 

 

Oui, seigneur, j’ai toujours adoré Bérénice (Jean Racine : Bérénice)

Travail 1 : Analyse d’une mise en scène et propositions

Travail 2 : interprétation de cette réplique d’Antiochius (modifiée en »Oui, seigneur, j’ai toujours adoré Hippolyte » pour les filles)

Le texte complet

Un résumé (wikipedia)

« La tragédie naît de l’affrontement de deux impératifs inconciliables. Titus ne peut mettre en danger sa mission à la tête de Rome au nom de la passion qui l’unit à Bérénice. La pièce aurait pu procéder par revirements et coups de théâtre pour unir puis éloigner successivement les deux personnages. Racine choisit au contraire de supprimer tous les événements qui pourraient faire de l’ombre à l’unique action du drame : l’annonce, par Titus, du choix qu’il a fait de quitter Bérénice. Titus, à l’acte II, scène 29, après que Paulin lui a annoncé que Rome refuse qu’il épouse une reine comme Bérénice, a pris la décision de la renvoyer. Il lui reste dès lors à l’annoncer à Bérénice et celle-ci doit l’accepter. Leur passion n’est jamais remise en cause, à aucun moment la vie d’un personnage n’est en danger : rien ne vient distraire l’attention. L’habileté artistique de Racine consiste à « faire quelque chose à partir de rien » (préface de Bérénice), à créer chez le spectateur « cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie » à partir d’un sujet que l’on peut raconter en une phrase (4 vers). La tension atteint son paroxysme à la fin du 4e acte, lorsque Titus explique le drame qui le sépare de Bérénice, qui refuse la décision qu’il a prise. Puis le 5e acte montre admirablement les deux personnages faire face à leur devoir : contrairement à d’autres personnages de Racine, ils acceptent leur séparation sans se réfugier dans la mort. »

Des mises en scènes 

http://www.ina.fr/art-et-culture/arts-du-spectacle/video/I10089408/berenice-de-racine-mise-en-scene-par-klaus-michael-gruber-a-la-comedie-francaise.fr.html

Entrer par l’improvisation dans un grand texte théâtral

Par pair, improviser pendant une minute. D’abord deux élèves à partir de rien, puis deux autres à partir de la première et dernière phrase de la Cerisaie du dramaturge russe Anton Tchekhov : « Enfin le train est arrivé ! » (…) « il faut se souvenir de ce qu’on est ». D’autres paires d’élèves ajoutant ensuite progressivement d’autres répliques.

L’action se passe dans la propriété de Mme Ranievskaïa.

ACTE I

La chambre qui est encore appelée la chambre des enfants ; une des portes donne dans la chambre d’Ania. L’aube ; le soleil va bientôt se lever. Commencement de mai ; cerisiers déjà fleuris ; mais il fait encore froid ; légère gelée blanche. Les fenêtres de la chambre sont fermées.

Scène première

Entrent Douniacha, avec une bougie, et Lopakhine, tenant un livre.

LOPAKHINE. – Enfin le train est arrivé ! Quelle heure est-il ?

DOUNIACHA. – Près de deux heures. (Elle éteint la bougie.) Il fait déjà jour.

LOPAKHINE. – Combien le train a-t-il de retard ? Au moins deux heures. (Il bâille et s’étire.) Quel imbécile je fais ! Je viens exprès ici pour aller les attendre à la gare, et je laisse passer l’heure. Je m’endors sur une chaise ! C’est malheureux ! Tu aurais dû me réveiller !

DOUNIACHA. – Je vous croyais parti. (Elle tend l’oreille.) Ah ! je crois que les voici qui arrivent.

LOPAKHINE, écoutant aussi. – Non… Le temps de prendre les bagages, ceci, cela… (Un temps.) Lioubov Andréïevna vient de passer cinq ans à l’étranger. Comment est-elle maintenant ? C’est une excellente femme, simple, agréable à vivre… Je me rappelle, quand j’étais un blanc-bec de quinze ans, mon défunt père, qui tenait une boutique dans le village, me flanqua un coup de poing dans la figure, et mon nez se mit à saigner. Nous étions venus ici je ne sais pourquoi, et mon père était un peu ivre. Lioubov Andréïevna, toute jeune encore, toute mince, me mena à ce lavabo, dans cette chambre des enfants, et me dit : « Ne pleure pas, mon petit moujik ; avant ton mariage il n’y paraîtra plus. » (Un temps.) Mon petit moujik ! C’est vrai que mon père était un paysan, et moi je porte des gilets blancs et des souliers jaunes !… Un groin de porc à portée des friandises… Tout nouvellement enrichi ; beaucoup d’argent !… Mais, à tout peser et considérer, rien qu’un paysan. (Il feuillette un livre.) J’ai lu ce livre et n’y ai rien compris ; ça m’a endormi.

Un silence.

DOUNIACHA. – Les chiens n’ont pas dormi cette nuit ; ils sentent que leurs maîtres reviennent.

LOPAKHINE. – Qu’est-ce qui t’arrive, Douniacha ?

DOUNIACHA. – Mes mains tremblent. Je vais me trouver mal.

LOPAKHINE. – Tu es trop douillette, Douniacha ! Et tu t’habilles et te coiffes en demoiselle. Ce n’est pas bien ; il faut se souvenir de ce qu’on est.

Le texte complet

Visionner cette première scène

Autres mises en scènes

Un metteur en scène parle de la pièce