Théorie

Précisions de vocabulaire

Le « Théâtre » désignait d’abord le lieu où se donnaient les spectacles publics. Littéralement : là où l’on regarde.

Il est plus juste de parler du genre littéraire dramatique. Mot qui vient du grec « drama » qui signifie l’action : ce que voit le spectateur, c’est en effet de l’action produite par des acteurs.

L’auteur de théâtre est appelé le dramaturge (la racine « urge » vient en grec de « ergon », le travail, la production).

Tragédie, comédie, drame

La tragédie (littéralement « chant du bouc ») est une pièce dont le spectateur sait, dès le départ, qu’elle finira  terriblement mal, par une catastrophe. Selon Aristote, elle doit produire chez le spectateur deux émotions : la pitié et la terreur : pitié pour le héros tragique auquel il s’est identifié et terreur devant l’ampleur de la catastrophe qui le frappe. Les trois grands tragédiens antiques : Eschyle, Sophocle, Euripide. En France Racine (17ème) est le principal auteur moderne de tragédie. Shakespeare, en Angletterre, en a produit de nombreuses.

La comédie (littéralement « chant de célébration, de procession ») est une pièce dont le spectateur sait, dès le départ, qu’elle finira bien. Elle doit produire chez lui la joie. Aristophone est le plus connu des auteurs de comédie dans l’antiquité grecque. En France, tout le monde connaît Molière. Shakespeare a produit également des comédies.

Le drame est plus récent : c’est une pièce à rebondissement dont le spectateur ne sait si elle finira bien ou mal. Elle doit avoir un effet pathétique (de « pathos », la souffrance).

Ces catégories fonctionnent également pour le cinéma.

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Exprimer n’est pas « expliquer »

Christophe Terlinden

Et si exprimer, ce n’était pas expliquer…

 

Destino de las explicaciones 

En algún lugar debe haber un basural donde están amontonadas las explicaciones.

Una sola cosa inquieta en este justo panorama: lo que pueda ocurrir el día en que alguien consiga explicar también el basural.

(Julio Cortazar)

Destin des explications

Il  doit y avoir quelque part une poubelle où s’amoncellent des explications.

Une seule chose inquiète dans un aussi juste panorama : ce qui arrivera le jour où quelqu’un pourra expliquer aussi la poubelle.

(Traduction de Laure Bataillon)

Destin des explications

Il  doit y avoir quelque part une décharge (un dépotoir ?) où s’amoncellent les explications.

Une seule chose inquiète dans ce juste panorama : ce qui arrivera le jour où quelqu’un parviendra à expliquer aussi la décharge (le dépotoir ?).

(Traduction sans doute plus exacte)

(A propos de Sarah Facio)

Communiquer, c’est communiquer quelque chose : si le communicateur sait ce qu’il veut communiquer et, s’il prend les bons moyens et que son récepteur est au courant de son langage, il reçoit le message.

Exprimer, c’est moins conscient, moins explicable… « ça parle »… « ça me parle »… souvent différemment aux uns et aux autres. Des interprétations multiples seront proposées.

Une oeuvre d’art relève bien davantage de l’expression que de la communication. Y compris pour l’artiste.